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  Tara

    Bienvenue à la Maison...

Papa a téléphoné !

vendredi 28 novembre 2008
Dimanche, après un long, très long silence, le papa de Lokesh et Rajesh a appelé ses fils.
(Cliquer pour agrandir deux petits garçons nageant dans le bonheur)


Lokesh, un peu grognon ces derniers temps, s'est illuminé. "Mon papa va m'acheter une voiture", a-t-il dit après avoir raccroché. Lokesh a un papa et ce papa est assez fort pour lui acheter une voiture. C'est tout ce qui compte. Le reste est oublié.


Rajesh attendait cet appel depuis des semaines. Pourtant, c'est avec méfiance et ressentiment qu'il a accepté la conversation. Comment papa peut-il rester sans donner de nouvelles pendant des mois ?? Après quelques minutes de convsersation, il s'est finalement dégelé.

Quelques clics de l'atelier photo

Depuis que nous avons annoncé un concours photo, les garçons rivalisent d'idées farfelues pour prendre la meilleure photo. Voici quelques unes des techniques utilisées.

Sameer et Lokesh déclament en anglais

video
Si vous avez saisi tous les détails, envoyez-nous un email pour nous aider à comprendre toutes les subtilités de ce morceau de littérature.
Ci-dessous la 2e partie (pour les fans, uniquement):
video

Silence, on tourne

Nous sommes en train de tourner les dernières scènes de notre film. Nous ne pouvons révéler le scénario pour le moment (nous craignons l'espionnage industriel de Bollywood) mais les enfants se donnent à fond, ainsi que notre volontaire Thibaud. Montage, sous-titres tout doit être prêt pour la projection officielle le 6 décembre prochain.

Vous pouvez voir Suman et Afrez, à fond dans leur personnage. Si seulement nous pouvions obtenir le même niveau de concentration pour les cours d'Anglais!

Vous ne saviez pas, pour le film ? Voyez notre dernier post sur le sujet.

Suraj et Sunil ont eu 13 ans

mardi 25 novembre 2008
Suraj et Sunil viennent de fêter leur anniversaire, à deux jours d'intervalle.
Et pour une fois, au lieu de recevoir des habits issus de donations, ils se sont rendus dans un magasin et ont pu choisir. Après en avoir essayé une bonne dizaine, ils étaient un peu étourdis. "Je crois que je ne sais pas très bien ce que j'aime, finalement" a réalisé Suraj dans un accès de lucidité. "Moi au moins, il y a une chose que je sais : je ne porterai plus jamais de ceinture rose à pois blancs" a expliqué Sunil, gentiment mais fermement.
(Voir notre avant-dernier post pour un zoom sur Sunil et sa ceinture rose)
((Chers amis, si jamais vous donnez des habits, soyez sympas, évitez la ceinture rose!!))

Obtenir la date de naissance des enfants n'est pas facile parce qu'ils viennent d'un milieu socio-culturel où les certificats de naissance et les anniversaires sont considérés comme des luxes.
Quand nous ne pouvons obtenir la date exacte, nous essayons au moins de deviner l'année en discutant avec les familles. Pour la date et le mois, nous utilisons celle de leur arrivée à Chaya.

Depuis peu, nous avons affiché les dates de naissance et les âges dans le hall. Les enfants sont très intéressés par ces révélations chiffrées et se rassemblent régulièrement devant pour débattre longuement des conséquences sur l'organisation du groupe et de ses instances décisionnaires. Ou plus simplement: qui est préposé au nettoyage des wc (bas de l'échelle) et qui a le droit d'ouvrir la porte (la plus haute distinction).

Un article sur Chaya

jeudi 20 novembre 2008

Un reportage nous est consacré sur l'excellent site "Aujourd'hui l'Inde" à l'occasion de la Journée Mondiale des Droits de l'Enfant. C'est par ici.

Sortie au Fort Rouge

mercredi 19 novembre 2008
Pour notre seconde sortie, nous avons décidé d'emmener les enfants dans le métro flambant-neuf de Delhi. Avant d'affronter la foule en furie d'un dimanche après-midi, nous avons constitué 3 groupes et donné des instructions. (Cliquez sur les images pour retrouver votre chouchou)


Les grands : Sunil, Suman, Asif, Suraj, ont été confiés à la surveillance de notre chauffeur Bahadur. Les enfants se sont rapidement débarrassé de leur chaperon et on vécu leur vie dans le métro, nous suivant ou nous précédant de loin, se cachant et s'amusant beaucoup avec les escalators.
Les moyens : Shyamu, Ramu, Afrez, Ifrez, encadrés par le grand frère Sidhu et Revati notre volontaire. Afrez et Ifrez ont pris chacun une main de Sihu et ont posé beaucoup de questions, surtout quand ce n'était pas le moment. Shyamu et Ramu se sont accrochés à Revati. Ils ont trouvé que le métro de Delhi n'était pas très différent de la jungle du Jharkhand dont ils sont originaires.
Les petits : Lokesh, Kishan, Sameer, Rajesh, agglutinés autour de et sur Pascal comme les moules au rocher, hallucinés par ce monde souterrain.


Grâce à l'atelier photo de Revati, plusieurs des garçons commencent à devenir de bons photographes. Ci-dessus deux de leurs portraits.
Nous vous présenterons bientôt une sélection de leurs productions.


Nous sommes parvenus au Fort Rouge. L'occasion d'inventer plein d'histoires avec des rois, des reines, des ennemis et des fantômes.
Revati leur raconte et leur demande beaucoup d'histoires pour développer leur sens de la naration. Les grands ont maintenant compris qu'une bonne photo est une photo qui raconte une histoire.

En rentrant de l'école

video   Déjà 2 heures, l'école est finie. On note un léger relâché dans le port de l'uniforme. Par contre, nette amélioration côté constitution d'une file indienne.

"Bye, bye, Sir", disent-ils mais où croient-ils qu'ils vont ??
Il y a même un crâneur qui dit "A demain" pour impressionner nos internautes francophones.

Joyeux Diwali !

mercredi 5 novembre 2008
video   Diwali, la grande Fête annuelle de Lumières, était très attendue par les enfants. Nous avons joué tout l'après-midi et à la tombée de la nuit, les enfants se sont vus remettre des pâtisseries et de nouveaux vêtements. Puis ils ont allumé des dizaines de petites bougies.
Au fait, pourquoi célèbre-t-on Diwali ? Pour les Hindous, c'est une commémoration du retour du Seigneur Ram, après un exil de 14 ans dans la forêt et sa victoire sur le roi-démon Ravan. Ifrez vous explique tout ça.
video   Diwali, c'est aussi un énoooorme dîner. Tout le monde est mobilisé à la cuisine pour aider, à l'exception des petits pour qui c'est la première suprise-party (yeah).
video   Apogée de la célébration, nous montons sur le toit et allumons les feux de Bengale…
Les garçons vous souhaitent ainsi qu'à votre famille un joyeux Diwali. Que la lumière soit dans vos cœurs pour une années entière.

Et si cette lumière eut se convertir en un parrainage, vous aurez fait de Diwali 2008 un moment vraiment exceptionnel !

Travaille ton corps

video   Par un bel après-midi d'octobre, les enfants sont passés devant un club de musculation et ont été autorisés à s'attarder. Cette nouvelle aventure les a beaucoup intéressés et voici qu'ils décident, de retour au foyer, de procéder à une démonstration.

Attention, vidéo à haute teneur en testostérone.

L'art de la ligne

video   Pour des raisons de sécurité évidentes, nous demandons toujours aux enfants de marcher en ligne quand nous quittons le foyer.

Mais former une queue avec 13 garçons excités à 17h30 pour aller au parc n'est pas chose aisée, comme vous pouvez le constater...

Shyamu et son frère, Jacques

video   Les enfants chantent avec Annick, en anglais, en hindi et en français.

Mesdames et Messieurs, un tonnerre d'applaudissements pour Shyamu qui va vous interpréter "Frère Jacques"!

PS : Vous observerez la justesse et la qualité de la diction...

Chaya TV

Salut à tous, je suis Thibaud, j'ai 22 ans, je suis étudiant à Delhi et volontaire à Chaya.

Je suis responsable de l'atelier vidéo.
Je viens chaque semaine à Chaya pour enseigner aux grands le maniement d'une caméra. Maintenant qu'ils ont acquis les bases de la technique, nous avons décidé préparer notre propre film.

Nous avons d'abord rédigé un script puis des dialogues. Les enfants répètent maintenant leurs scènes... Bien entendu, dès que notre film sera prêt, il vous sera présenté en avant-remière sur ce blog ! Vous pourrez vous rendre compte par vous mêmes qu'ils sont bons acteurs, très bons pour certains et aussi très naturels. A la vue des premiers rushes, nous avons tous été impressionnés.

Et moi je suis très fier d'eux !



Sortie à la Porte de l'Inde

Fin septembre, nous avons tenté notre première sortie.
Nous étions tous très heureux de sortir du triptyque foyer-école-parc. Les enfants ont poussé des cris de joie à l'arrivée du minibus, comme si nous partions en vacances. Emprunter les ponts routiers les a particulièrement amusé.



Les garçons voulaient visiter la célèbre porte de l'Inde, sorte d'Arc de Triomphe local. Il n'est pas certain que tout le monde ait attentivement écouté les explications historique sur la construction du monument. Il faut dire que les enfants s'étaient vu confier des appareils photos numériques avec pour mission de réaliser un photo-reportage. Une bonne occasion de pratiquer leurs cours de photos, de réfléchir au cadrage, à l'exposition, au choix des sujets… Exercer leur esprit critique, comprendre qu'un même sujet peut être traité de différentes manières, choisir ce qu'on veut montrer et raconter.

Sur un petit lac avoisinant, nous avons loué deux bateaux à rame et entrepris une course...



L'équipe N°1 (menée par Suman et Suraj, triomphants comme vous le constatez ci-dessus) l'a emporté haut la main, puisque la malheureuse équipe N°2 n'est parvenu qu'à produire que des cercles et n'a enregistré aucune progression linéaire. Embarqué sur cette machine à faire des ronds dans l'eau, Lokesh, 5 ans, était désespéré: “Notre honneur est foutu”.
Une réaction très indienne dans l'esprit...

Nous sommes rentrés au foyer en fin d'après-midi, épuisés mais heureux.

Emploi du temps

5 heures
Jaan, Sidhu, Suman, Suraj, Sunil et Javed se lèvent et se rendent à leur cours de Tae Kwon Do au club local d'arts martiaux.

6 heures
Le veilleur de nuit réveille les autres enfants. Tout le monde se brosse les dents (en Inde, on se brosse les dents au réveil) et va courir 15 mn dans le parc voisin, à l'exception des petits Lokesh et Sameer qui dorment un peu plus longtemps.

6 heures 30
Les enfants attrapent un balais, une serpillière ou une éponge et nettoient le foyer. Vishnu le cuisinier fait son entrée et prépare le petit déjeuner les en-cas pour 11h. Les garçons se répartissent entre les 3 salles-de-bains. Malheur au coquet qui y passe plus de 10 minutes !

7 heures 30
C'est l'heure de la "prière": “Je suis élève à Tara. Je considère que tous les hommes et les femmes de cette terre sont égaux. Je me traite avec respect et amour. Je traite toute personne avec respect et amour. Je dis la vérité. Je suis une personne bien. Et aujourd'hui, je travaillerai à devenir encore meilleur.” Céréales, lait, fruits et compléments alimentaires pour tout le monde, vérification des uniformes et les enfants partent à l'école en minibus.

8 heures
École. Les cours en anglais sont difficiles dans les premiers temps mais les enfants s'habituent vite.

14 heures
Retour à Tara supervisé par la directrice pédagogique. Déjeuner préparé par Vishnu puis temps calme.

15 heures 30
Arrivée des volontaires pour les tutorats et ateliers. Les enfants sont divisés en 5 groupes (les minuscules, les petits, les moyens, les juniors et les seniors). On étudie l'anglais, le français, l'informatique, le yoga, la musique, la photo, la vidéo, la danse.

18 heures
Sport au parc, qui consiste essentiellement à se bagarrer et à courir après une balle. Indispensable défouloir après une longue journée d'études.



19 heures
Dîner

20 heures
Chambre N°2, une volontaire lit une histoire aux petits, qui s'endorment généralement au bout de 5 minutes, ce qui présente un avantage économique certain en nous permettant de lire encore et toujours les mêmes histoires. Chambre N°2, le veilleur de nuit lit pour les moyens qui, eux, veulent connaître la fin de l'histoire ! Chambre N°3, les grands discutent de différents sujets : les filles, les filles et les filles.

9 pm
Extinction des feux

Mots d'enfants

Parfois, la confrontation des garçons de Tara avec des volontaires occidentaux donne des histoires cocasses. En voici quelques unes…

L'Occidental : Dans mon pays, nous n'avons pas ces grands perroquets verts.
L'Enfant : Ah bon ? Vous n'avez que les grands rouges ?
L'Occidental : Non, nous n'avons pas de perroquets du tout.
L'Enfant (qui résume pour ses copains): En France, ils n'ont pas d'oiseaux.

L'Occidental vient d'expliquer le mot « délicat » et demande un exemple à la classe.
L'Enfant : Monsieur, par exemple vous êtes délicat parce que quand nous n'apprenons pas nos leçons, vous ne nous battez pas.

L'Enfant : Comment dit-on « massala » en anglais?
L'Occidental : Euh... Nous n'avons pas de massala en Europe.
Les enfants (qui n'en croient pas leur oreilles) : Mais alors, comment cuisinez-vous ?!?

Nous regardons un film. Le jeune héros rentre dans sa luxueuse maison.
Enfant 1 : Waaah ! C'est sa maison ?
Enfant 2 : T'es fou, ça peut pas être une maison, c'est bien trop grand. Ça doit être son école.

L'Occidental est en train de se mettre de la crème hydratante sur le visage.
L'Enfant (surpris): Monsieur, qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes déjà assez blanc comme ça !

L'Occidental : Pourquoi tu as mis tout ce sucre dans mon thé ?
L'Enfant : Monsieur, c'est parce que je vous aime beaucoup.

Sur le tableau noir, les enfants ont dessiné un vieil homme chauve avec un air sévère.
L'Occidental (la trentaine, légèrement dégarni) : Quel beau dessin ! Ça représente qui ?
Les enfants : Monsieur, c'est vous.

L'Occidental explique "Moi-même", "Toi-même" etc. et demande un exemple à la classe.
L'Enfant : Monsieur, vous nous avez promis un nouveau foyer mais comme ça prend trop de temps, on va vous aider. On va aller dans la jungle, couper des bambous et constuire le foyer nous-mêmes.

L'Occidental vient de rapporter une carte de l'Inde : Regardez les enfants, c'est l'Inde !
L'Enfant : Monsieur, ce n'est pas l'Inde, c'est juste un dessin.

Parrainez/Marrainez un des garçons

À Chaya, un repas équilibré coûte 16 centimes d'euros.
Avec une donation régulière, vous pouvez faire une vraie différence pour un des enfants.

Vous contribuerez activement à son éducation :
son alimentation, son hébergement, sa vêture, sa santé,
sa scolarité et son développement par l'intermédiaire d'un soutien scolaire individuel, de l'apprentissage de langues étrangères, d'ateliers sportifs et artistiques.

Au-delà de la satisfaction de ses besoins vitaux, vous autorisez votre filleul à redevenir un enfant, à retrouver le goût de jouer, de faire confiance aux adultes.
Dans une petite structure comme Chaya (20 pensionnaires), il reçoit grâce à votre soutien l'attention et l'affection qui lui permettront de grandir.

Vous resterez directement connecté à votre filleul grâce à Internet et vous aurez la possibilité de discuter avec lui. Vous pourrez suivre ses aventures sur ce blog.
Et que diriez-vous d'une petite séance de chat vidéo pour lui présenter votre famille ?
Vous êtes bien entendu invité à venir partager avec vos enfants la vie à Chaya, si jamais vous passez par Delhi. (Vous faites quoi pour les prochaines vacances ?!)

Le montant mensuel du parrainage est de 30€.

Avec cet argent, que faisons-nous ?



Vous êtes prêts à vous engager ? Ecrivez-nous !

Salon pour Chaya, tout sur la journée

lundi 3 novembre 2008
Récit par Anne Regaud, Salon de Provence

Le panel de photos représente les préparatifs, la place de l'animation, Olivier et l'animateur, Jessy faisant sa quête des euros, des stands, les différents groupes, Romain et Bulle journalistes en herbe, et le pot d'amitié final.

Les préparatifs avaient commencé dans la semaine, chaque commerçant et moi -même triions et déposions tous les objets utiles (tables, chaises, livres d'occasion, petits paniers, gobelets en plastiques, verres, bouteilles de jus de fruit, bonbons, jeux pour enfants..) , pouvant être stockés dans les remises des magasins. Les ballotins de bonbons, de petits sablés étaient confectionnés également.

Nous avions tous les yeux rivés sur la météo car le temps était très orageux ces derniers jours, et tout pouvait être annulé, les concerts ne pouvant pas se passer sous la pluie !

Y aurait-il du monde ? Quelle serait l'ambiance ?... La crainte que tout rate était présente !!

La nuit de vendredi à samedi fut courte et je me levais à 6h pour préparer pizzas, gâteaux frais. Rendez-vous à 9h pour aller chercher des tapis chez différentes personnes. Ces derniers allaient remplacer la scène car la mairie en avait refusé le prêt . Nous restions dans l'harmonie orientale : un concert sur des tapis, cela ne me gênait pas.

Samedi matin, le temps était radieux. Les tapis dans la voiture, quelques tables récupérées en chemin , me voilà arrivant sur la place destinée à la manifestation. Jessy, un ami du disquaire, avait commencé la décoration. Je lui confiais quelques serviettes en papier ayant des illustrations indiennes, quelques pots de fleurs et autres objets décoratifs . Jessy tendait des cordes, faisait, défaisait et refaisait sa déco. Des affichettes avaient été mises en place.

Olivier , le disquaire accueillait les musiciens du premier groupe. Les dernières boissons étaient cherchées chez Mathieu Ségui, responsable du magasin," de la Vigne à l'Olivier". Tout le monde souriait, enjoué . La mairie avait donné l'ouverture des installations pour 14 h, il nous fallait patienter pour ne pas avoir de remontrance. Un pique-nique pris tous ensemble, nous installions les tables et multiples installations (présentoirs de livres, le "chamboule tout" pour les enfants à des endroits précis; tables pour le maquillage, boissons et gâteaux...)

Vers 14h15 des Salonais commencèrent à arriver. Le soleil rayonnait et l'ambiance générale nous laissait entrevoir un bel après midi de partage. Le premier groupe se mit au micro, les spectateurs s'installant sur les chaises prêtées par la brasserie "Le Bureau".

Progressivement, la foule allait et venait. Jean-Luc, l’animateur, relançait les spectateurs pour la bonne cause : ramener de l'argent pour Chaya.

Le stand de livres d'occasion eut beaucoup de succès et fit des heureux. Les enfants d'Olivier le disquaire étaient responsables du "Chamboule -tout', ayant pris soin de décorer auparavant les boîtes de conserves avec des marqueurs colorés. Leur petite boîte de dons à côté d'eux, ils se sentaient responsables et faisaient payer les petits participants au jeu . Des jouets étaient gagnés lorsque les boîtes étaient renversées. Tout le monde était content de participer.

Une maman s'installa à une petite table animant le stand de maquillage pour enfants. Elle prit son rôle très à cœur. Aimant l'ambiance régnante, elle me fit la proposition de participer en octobre prochain à un rassemblement pour des bonnes causes (je représenterai Chaya !).

En même temps, le journaliste de la Provence voulut me voir et compléter son article, un adjoint de la mairie fit de même. Les jeunes journalistes de l'équipe O2zone poursuivaient leur reportage et faisaient le tour des différents commerçants animateurs.

Les groupes musicaux s'enchaînèrent. Jessy (le décorateur) passa régulièrement avec la grosse boîte de dons "Chaya" pour relancer les participants. En véritable pître, il permit l'obtention de nombreux euros. Nous lui sommes très reconnaissants ! Nous passions également auprès des gens avec des plateaux de gâteaux ou gobelets de salade de fruits. Les dons libres étaient très appréciés permettant ainsi plus de générosité.

Mais, le temps se couvrit vers 16h et comme nous le craignions, un orage éclata vers 17h. Jessy passa une dernière fois avec son plateau de gâteaux , sa boîte de dons et son parapluie vers les derniers participants, glanant ainsi encore quelques petites pièces. La danseuse Chandra s'était changée et attendit longuement pour faire sa représentation. Malheureusement, la sono avait pris l'eau et nous ne pouvions pas prendre le risque de mettre la musique sous la pluie. Nous essayâmes différentes solutions, en vain !! Déçus et confus, nous options pour une prochaine représentation de danse lors d'un futur "show case" en fin d'année scolaire.

Les spectateurs partirent progressivement car le temps ne s'améliorerait pas . Nous décidâmes donc de tout ranger. Les commerçants me demandant régulièrement si j'avais fait le décompte des euros, je mis Denis à contribution. Il s'installa dans la remise d'un petit snack et fit les tours de petites pièces !!! Lorsque le résultat fut connu, tout le monde hurla de joie : pari gagné !

Nous installâmes à l'abri un "pot de l'amitié" à base de sangria, kir et petits biscuits pour clôturer la journée. Les deux derniers groupes n'ayant pas pu jouer en raison de la météo s'unirent à nous , proposant de revenir une autre fois pour une nouvelle manifestation. Tous les groupes firent la même proposition ! Lorsque tout fut terminé, rangé, plié vers 20h30, je pris mon téléphone et appelais Eliane pour partager la joie des résultats.

Le lendemain, la fatigue était là , une saine fatigue !

Puis dès le lundi, je repartai pour remercier encore les commerçants, leur demandant si je pouvais mettre de nouvelles affiches avec la réalisation des projets de Pascal grâce aux dons récoltés. Clôture des comptes : toutes les petites pièces jaunes comptées, recomptées, mises dans des étuis, les dernières boîtes cherchées chez les commerçants ouverts le lundi et d'autres le mardi. Petits cadeaux de remerciement pour Olivier sans qui la dynamique urbaine n'aurait pas pu se vivre et le complément de dons non obtenu. Cadeau également pour Jessy qui fit l'animateur, le quêteur auprès des spectateurs.

Chacun est désireux de recommencer une telle entreprise. Pour ma part, je suis partante car chacun a mis de son coeur, son enthousiasme, sa touche personnelle. Aucune jalousie, ni critique !

Des projets sont jalonnés pour mieux faire l'année prochaine et ramener encore plus d'euros pour Chaya ! Trois commerçants désirent garder des boîtes sur leur comptoir : merci ! Le pont de fraternité continue, merci pour tout !

Un grand sens s'est dégagé de cette aventure humaine . Personne n'en est ressorti indemne : partage, simplicité, humilité pour apporter la joie, le bonheur aux enfants de Chaya. Ne pas s'arrêter à soi, mais aller plus loin pour éclairer son prochain, partager avec lui !

La chaîne de télévision O2zone a tout filmé : C'est là
Et là



Qui sont les enfants ?

Les garçons viennent tous de familles très pauvres. La plupart d'entre eux ont perdu un ou deux parents. D'autres se sont enfuis de chez eux ou ont été abandonnés. Plusieurs d'entre eux ont survécu dans la rue.

  Il vient d’arriver… Sikander, genre de mini lutin farceur de 6 ans, a grandi dans un temple... À fréquenter les prêtres et les sâdhus, il a acquis un hindi très littéraire, mâtiné de sanskrit qui lui confère un charme très particulier. Sikander adore se mettre sur la tête pour faire son yoga « Oooooooom Shanti oooooooom » gazouille-t-il, ravi. La grande passion de Sikander est d’ouvrir et fermer toutes les portes, placards, frigo, tiroirs, fenêtres… Un plaisir qui laisse l’adulte froid, voir l’agace un brin. L’adulte ne saisit pas la beauté d’une porte qui s’ouvre. Sikander trouve que l’adulte est décidément dépourvu de sens poétique.
Sikander est parrainé par Anita et Vim Slagter (Hollande).
  Sameer a 7 ans, il est de New-Delhi. Il vient d'être promu haut la main CP et connaît déjà très bien ses alphabets. Le bébé de Tara a dû progressivement apprendre à se débrouiller seul pour les tâches quotidiennes, comme sauter dans son slip ou laver son assiette sans prendre une douche par la même occasion... Sameer, qui parlait avec une toute petite voix timide, a pris beaucoup d'assurance grâce aux cours de chant. Il s'est désormais auto-proclamé "Poulicier de Tara" et procède régulièrement à de théâtrales arrestations de ses camarades.
Sameer est marrainé par Sophie Rougevin-Baville (Paris).
  Lokesh vient lui aussi de Delhi. Il a 7 ans et fréquente la maternelle. A son arrivée chez nous, il pleurait continuellement et était en proie à des terreurs nocturnes. Il s'est progressivement apaisé et présente désormais un visage beaucoup plus souriant. Il considère Tara comme sa maison. Il est doué en yoga et adore battre la mesure pendant les classes de musique — il a d'ailleurs un excellent sens du rythme. Il déteste les légumes et ferait n'importe quoi pour un bonbon. Le faire manger de manière équilibrée est une bataille quotidienne !
Lokesh est marrainé par Anne Regaud (Salon de Provence).
  Il vient d’arriver… Mohid, 7 ans, est un pistoléro ! Originaire du Bengale, il débite un Hindi chuintant à la cadence d’une mitraillette qui aurait des ratées. Sa principale occupation dans la vie : inventer de nouvelles bêtises. Et il ne chôme pas ! Même l’infernal Rajesh reste bouche bée devant tant de créativité. Mais la cuirasse est vite fendue quand on découvre la seconde activité favorite de Mohid : le câlin. Et là, moment assuré d’émotion pour l’adulte auquel Mohid s’accroche telle l’huitre au rocher. Pas encore scolarisé, Mohid apprend en ce moment ses alphabets en hindi et en anglais, il apprend également à compter, à ne pas jurer, à se laver les mains et toutes autres bizarreries dont il ne comprend pas encore bien l’utilité…
Mohid est parrainé par Eric et Marie Soubeiran (New Delhi).
  Il vient d’arriver… Zahid, frère de Mohid, 8 ans, a quant à lui opté pour une stratégie d’intégration à Tara basée sur l’hypermotivation. Il déploie des efforts colossaux pour tracer ses lettres d’alphabet, avec une prise de stylo qui évoque fortement le revers à deux mains de Martina Navratilova à son pic stéroïdien et qui lui laisse des douleurs dans les épaules plusieurs heures après la fin de sa page d’écriture. C’est avec le même enthousiasme qu’il apprend l’anglais et le français en même temps puisqu’il semble qu’il ne fasse pas bien la différence entre les deux… Il répète à l’envi qu’il a hâte de parler anglais pour comprendre ce que les autres garçons se racontent… Peut-on imaginer meilleur moteur pour l’apprentissage ?
Mohid est parrainé par Eric et Marie Soubeiran (New Delhi).
  Kishan a 9 ans. Il est arrivé chez nous traumatisé et il a connu d'immenses difficultés pour se concentrer sur sa scolarité. Il avait développé une expertise dans l'art de faire semblant d'écouter, de comprendre et d'étudier. Nous l'avons beaucoup soutenu et nous avons décidé de lui laisser du temps pour s'adapter. Un jour de Juin 2009, un miracle s'est produit: Kishan parlait Anglais, comme ça, tout à coup ! Il faisait des phrases avec un sujet et un verbe, il disposait d'un bon vocabulaire de base. Nous n'en croyions pas nos oreilles. Désormais, son petit accent "british" rend tout le monde très jaloux, y compris les volontaires français !
Kishan est parrainé par Hervé Depaty (Bogotá).
  Rajesh a 9 ans, c'est le grand frère de Lokesh. Il étudie en CP. Il est lui aussi arrivé chez nous en état de choc. Affligé de divers problèmes de peau non traités, d'une très mauvaise vue, angoissé, agité, il était agressif et essayait d'attirer l'attention en multipliant les bêtises. A Tara, il apprend d'autres manières d'être considéré, comme dessiner des lettres sur son ardoise, dire “merci” et “pardon”, aider dans les tâches quotidiennes… Il se concentre sur ses études et est très fier d'être désormais capable d'écrire aussi bien en anglais qu'en hindi. Il adore être tenu dans les bras et câliné après sa sieste.
Rajesh est marrainé par Danièle Görner (Villennes-sur-Seine).
  Shyamu vient d'une tribu du lointain Jharkhand, il a 9 ans et étudie en CE2. Il est le plus concentré, précis et bosseur de tous les enfants. Il a appris le hindi en 6 mois et sait déjà conjuguer en anglais. C'est également un excellent chanteur, jugez plutôt. Shyamu est un grand sensible et il a eu très peur devant "Les Chroniques de Narnia" ! La seule chose qui lui fait perdre son éternel sourire, c'est quand il casse sa mine de crayon ou quand on l'interrompt en plein Lego. C'est alors un véritable drame et Shyamu est inconsolable.
Shyamu est parrainé par la famille Ménard-Grulier (Saint Remy de la Vanne).
  Il vient d’arriver… Sushil, 10 ans, qu’on croirait sorti d’un catalogue d’enfants parfaits, montre rapidement qu’une apparence angélique peut parfois abriter une âme punk. Et pourquoi donc faudrait-il manger pendant les repas ? Et pourquoi les légumes alors qu’on peut se nourrir exclusivement de bonbons et mâchouiller des morceaux de plastic ? Et pourquoi faudrait-il étudier alors qu’il y a tellement de choses plus intéressantes à faire, comme se bagarrer ? Et puis un beau matin, c’est la surprise. Sushil qui n’avait jamais rien étudié vraiment sérieusement, décide de s’attaquer aux tables de multiplications. Quelques jours plus tard, il les connaît toutes ! On dirait bien que Sushil nous réserve encore quelques surprises de taille…
Sushil est parrainé par Tim Cansfield-Smith (Melbourne).
  Ramu, 10 ans, est le frère de Shyamu. Il est en CE2. C'est un garçon doux, très affectueux, un modèle de bonne conduite, qui adore dessiner et possède une voix merveilleuse. Quand sa voix monte dans les aigus, les larmes montent en même temps dans les yeux des adultes. Il a un univers intérieur très riche, imagine sans cesse de nouvelles histoires avec des animaux gentils et des amis sympas. Avec Ramu, on est un peu "au pays de Candy" ! Côté études par contre, on est plutôt sans famille et on s'appelle Rémy (les trentenaires comprendront). La lecture et l'anglais s'améliorent cependant de jour en jour. Ramu déteste (mais alors déééteste) partager sa nourriture, surtout si c'est un paquet de chips.
Ramu est marrainé par Isabelle Arnoux (Paris).
  Diljoo, de son vrai nom Ifrez, a 10 ans, il est en CM2. C'est un bon élève, rapide, bosseur et consciencieux. Attention, gros potentiel. Diljoo est le chevalier blanc de Tara et déteste qu'on transgresse les règles. Il n'est pas vraiment rapporteur mais quand une bêtise majeure est commise, il lâche quelques indices pour nous aider à comprendre ce qui s'est passé, sans toutefois trahir ses camarades. Quel sens de l'équilibre ! Sa grande passion, c'est d'escalader les arbres. Vif comme l'éclair, il se hisse de branche en branche en dépit de nos protestations. Oui c'est dangereux. Mais n'essayez pas de l'arrêter, il est trop rapide pour vous.
Diljoo est marrainé par Rose-Hélène Philippot (Paris).
  Afrez : Ce jeune garçon de 12 ans est un excellent danseur. C'est vers lui que se tournent tous les enfants quand ils doivent réviser les pas de danse avant leur atelier du samedi. La principale préoccupation d'Afrez dans la vie est de distancer son frère Diljoo dans toutes les activités. Il y parvient en danse. Diljoo se venge dans les arbres. Afrez le bat aux échecs. Diljoo contre-attaque avec la grammaire anglaise. Mais que devra donc inventer Afrez pour marquer le prochain point ?
Afrez est marrainé par Clodine Siberchicot (Toulouse).
  Dans tous les groupes humains, il y a un chef. Et bien qu'Asif soit petit par la taille et loin d'être le plus âgé (12 ans), il a pris le contrôle du groupe le jour de son arrivée. Asif a une forte personnalité et des idées précises sur ce qu'il faut faire et ne pas faire. Il a besoin de comprendre les pourquoi et les comment. C'est un étudiant brillant, qui pose des questions précises et attend en échange des réponses claires... Il veille constamment sur son petit frère Sameer et n'hésite pas à nous signaler quand il considère que nous ne nous occupons pas bien de lui ! Au fait, que veux faire Asif comme métier, plus tard ? Réponse: Premier Ministre.
Asif est parrainé par Emmanuel Goetz (Paris).
  Dans ce monde hautement concurrentiel qu'est Tara, un nouveau danseur vient de faire son apparition et compte bien en remontrer à Afrez. Rakesh a appris en 2 semaines la chorégraphie sur laquelle les grands s'échinent depuis plus de 6 mois. Ce jeune garçon vient du Bihar, il a 12 ans, c'est un brillant élève bien qu'il n'ait jamais eu jusqu'à présent l'opportunité de prendre des cours d'anglais. Nous l'avons inscrit en 6e, tout en sachant très bien qu'il va copieusement ramer au début puisque la classe se fait en anglais. Nous misons sur ses capacités d'apprentissage, tout en lui fournissant une aide individualisée. Nous observons avec beaucoup d'intérêt comment il va répondre à ce traitement de choc.
Rakesh est parrainé par Didier et Christine Tron (Gap).
  Suraj vient du Bengale. Il a 13 ans et est en 5e. Il est très angoissé à propos de son image et se sent plus en confiance avec les petits du foyer. Nous le laissons jouer mais nous l'aidons aussi à grandir en le responsabilisant dans la vie de tous les jours et en misant sur son désir d'apprendre. Suraj, c'est le blagueur de Tara, il en a toujours une bonne en réserve. Parfois, il est même vraiment drôle ! Il a un grand besoin de se dépenser et de courir après une longue journée de cours et d'ateliers. Il aime aussi beaucoup cuisiner.
Suraj est marrainé par Eliane Fautrat (Villennes/Seine).
  Sunil, 13 ans, vient d'une tribu du Chattisgarh, un état rural et très pauvre. Il a chassé l'ours quand il était petit et reste traumatisé par cette expérience. Dans sa famille, tout le monde est employé de maison. Mais lui, il a toujours rêvé d'apprendre et d'aller à l'école. Il l'a tellement voulu que nous avons décidé de lui donner sa chance à Tara. C'est un garçon doux et très motivé. N'essayez pas de le réveiller pendant sa sieste, c'est impossible. Il a une capacité à continuer à dormir tout en étant secoué comme un prunier qui force l'admiration.
Sunil est parrainé par Tim Cansfield-Smith (Melbourne).
  Javed a 15 ans et est en 5e. Hébergé dans un grand foyer à la campagne, il a attendu patiemment pendant 8 mois son transfert à Tara. Chaque jour, il a fait une croix dans le calendrier. Tous les 15 jours, il demandait à voir le docteur parce qu'il avait mal quelque part. Sous son matelas, il a caché sa liste de verbes irréguliers anglais, qu'il a apprise par coeur et qu'il scandait comme un texte sacré. Depuis son arrivée à Tara, inondée par un torrent lacrymal, il s'emploie à être l'enfant parfait, récurant les toilettes, consolant les petits, travaillant sans cesse. Ce garçon doit bien avoir un défaut, mais pour le moment, il le cache assez bien...
Javed est marrainé par Angélique Fautrat (Paris).
  Suman a 15 ans et c'est déjà un gentleman. Il est en 5e impressionne ses professeurs par sa vivacité. Il s'intéresse à toutes les activités à Tara mais reste toujours à distance du groupe. Il a besoin de son espace privé et son activité favorite consiste à s'isoler dans sa chambre pour repasser! Il adore apprendre des mots français. C'est aussi un grand lecteur, il dévore tout ce qui lui passe sous la main. Il se réveille chaque matin à 5h pour son cours de Tae Kwon Do. Il s'est tellement passionné pour cette activité qu'il s'est rebaptisé BKM ("Baboo Kung-fu Master").
Suman est marrainé par Eliane Fautrat (Villennes/Seine).
  Jaan a 17 ans, c'est le frère de Javed. A son arrivée à Tara, nous l'avons mis face à la dure réalité: en dépit d'un excellent anglais et de capacités intellectuelles certaines, il n'est qu'en 5e et il lui faut passer à la vitesse supérieure s'il veut conserver une petite chance d'aller à la fac. Jaan forme avec Sidhu (voir ci-dessous) le groupe des Seniors de Tara. Il commence sa journée à 5h30 par deux heures de Tae Kwon Do puis reçoit des cours particuliers de 9h à 20h dans les 5 principaux sujets. Le tout, 6 jours sur 7. Oui, c'est inhumain mais c'est sa seule chance et il le sait. L'objectif est de rattraper son retard en un an et de le présenter dans un des meilleurs lycées de Delhi en Mars 2009. Il s'adapte bien au programme et ses capacités d'abstractions se développent. Il semble s'intéresser de plus en plus à la politique et à la philosophie.
Jaan est parrainé par Jean-Baptiste de Labarthe (Shanghai).
  Sidhu, 17 ans, vient du Bihar. Très mûr, généreux, infatigable, notre ex-cuistot est maintenant soumis au même régime d'étude draconien que Jaan. Le Tae Kwon Do est surtout pour lui l'occasion de rencontrer des jeunes filles, ce qu'il nie farouchement. Lors de ses 52 heures de classe hebdomadaires, il reste très concentré et apprend à bâtir un plan, à problématiser une question. Il vient de découvrir en éducation civique qu'il avait des droits fondamentaux et sa nouvelle réplique favorite est : "Je refuse de préparer du thé, cela outrage ma dignité". Puis il part dans un grand éclat de rire.
Sidhu est parrainé par Christine et Jean Vitalis de Granzial (Saint Lubin de la Haye).