Blog de Tara, ONG pour les enfants des rues à Delhi, Inde.

vendredi 25 décembre 2009

Noël, Joyeux

D’abord Noël, c’est un sapin. Un chouette sapin choisi par notre volontaire Régine et monté par les enfants dans l’euphorie. « Monsieur, il est mieux que celui de l’an dernier » décrètent les enfants.

Forcément, le sapin de l’an dernier était un genre de, comment dire... de bambou.

Ensuite, Noël c’est un Père Noël. Et surtout, surtout, l’attente interminable dudit Père Noël. Tout l’après-midi, à chaque coup de sonnette, les enfants crient « Santa Claus ». Alors forcément, quand le vrai Santa, arrivé du Pôle Nord mais chaussé de ses sandales indiennes arrive, c’est l’explosion de joie.


Un Santa d’ailleurs un peu timide cette année mais qui fait son office : il distribue ses cadeaux et c’est bien, dans le fond, tout ce qu’on lui demande. A noter cette année un net progrès : le « Thank you » est acquis par l’enfant.


Chacun court dans son petit coin ouvrir son cadeau. Ici, Kishan et Lokesh font d’étranges trouvailles.


Et puis nous finissons par un bon repas. Cette année au Réveillon il y a du mouton, des haricots rouges frits, toutes sortes de curries et des gâteaux de lentilles. Dans l’air il y a du bonheur et de l’amour qui flottent.


samedi 12 décembre 2009

Anne, trop forte

  C'est le retour d'une des héroïnes de notre blog, notre amie et marraine Anne Regaud qui, de France, regorge d'idées pour nous aider. Commerçants, mairie, écoles, parents d’élèves, elle met tout le monde à contribution.

Après le Salon pour Chaya organisé en avril 2009, elle a décidé d'améliorer l’ordinaire des enfants au moment de Noël. Avec son sens de l’organisation et son inébranlable confiance, elle a mobilisé et convaincu son entourage de confectionner des objets artisanaux (bottes en feutrine, aumônières remplies de friandises, gâteaux, bougies …etc.).
La vente a eu lieu, en plein mistral glacial, à la sortie de l’école de ses enfants. Eh oui, décembre en Provence, c’est pas chaud, chaud ! Au club d’échecs, un tournoi a été organisé et le montant des engagements est venu grossir la cagnotte. Des tirelires ont été placées chez les commerçants et amis du quartier.



Grâce à Anne et son équipe de généreux bénévoles, nous avons récolté 800 €. De quoi nous payer un joli sapin de Noël et remplir la hotte du Père Noël. Nous en reparlerons sur ce blog…

Quant à Anne, elle n’a pas dit son dernier mot, c’est une têtue. Sûr, elle recommencera !

dimanche 1 novembre 2009

Diwali funky

       
Pour Diwali, grande Fête des Lumières, nous avons choisi de casser la tirelire pour faire franchement la fête. Nous avons pris le métro pour un parc d'attractions au Nord de Delhi.

Dans les montagnes russes et les attractions, on a nettement moins fait les malins, surtout avec la tête en bas.

Les plus grands n'ont pas été les plus courageux. Nous ne citerons pas de noms, ces fiers à bras étant très soucieux de leur réputation.

Diljoo par contre (à gauche sur la photo) s'est éclaté et semblait n'éprouver aucune peur. Il demandait à retourner dans une espèce de shaker géant. Personne ne souhaitant l'accompagner dans cette machine de mort, c'est l'adulte, encore verdâtre de son tour précédent, qui a dû se dévouer. Il n'y avait guère de monde dans la machine mais au sol par contre, une foule compacte et moqueuse écoutait les hurlements des suppliciés...

L'adulte a demandé grâce avant Diljoo. Plus jamais ça, Diljoo. "Ne vous inquiétez pas Monsieur, vous ne risquiez rien".





A la nuit tombée, nous sommes rentrés à Tara et avons fêté Diwali de manière plus académique. Bougies dans tout le foyer, pétards et feux d'artifices sur le toit et pour finir un repas de gala.

Les enfants de Tara vous souhaitent un Joyeux Diwali 2009 !

mardi 20 octobre 2009

Anne et les jouets

Anne, la marraine de Lokesh et l'une de nos "fundraiseuses" en France, est venue nous rendre une petite visite, accompagnée d'une valise de cadeaux.



samedi 10 octobre 2009

Asif enseigne

Aujourd'hui, le prof qui enseigne la lecture et l'écriture au groupe des "Minuscules" (Sameer et Lokesh) est absent. Asif profite d'un moment de pause dans son planning pour prendre les choses en main :



jeudi 1 octobre 2009

Au Taj Mahal



Virée de fin d'été au Taj Mahal, à l'occasion du départ de Annick, qui a accompagné les enfants pendant plus d'un an. Tout le monde était bien triste de la voir partir mais les enfants ont décidé de ne pas se laisser abattre et de profiter de ce moment inoubliable.

Javed et Rajesh :

Diljoo et Asif :


Pour ne pas égarer l'enfant que ses facéties rendent parfois difficile à compter, l'adulte l'a coiffé d'un couvre-chef de couleur vive :



Sur le chemin du retour, nous avons croisé un vieux train désaffecté. Difficile de savoir lequel a crié en premier "à l'abordage !", toujours est-il qu'ensuite, il a fallu en déloger nos 16 pensionnaires un à un. Nous avions beau leur expliquer que le train ne roulait pas qu'il n'allait nulle part, que nous perdions notre temps, que ce n'était pas constructif, l'enfant avait la certitude d'être en mouvement :



Au final, nous avons regagné notre car, beaucoup chanté puis pas mal dormi.



mercredi 2 septembre 2009

Arte filme nos "Seize garçons dans le vent"

  60 ans se sont écoulés depuis l'indépendance de l'Inde et la mort de Gandhi. Une équipe de Arte reportage s'est rendue en Inde sur les traces du Mahatma.

Le journaliste Olivier Courtois a sélectionné 15 personnages de l'Inde moderne, chacun représentant une parcelle de l'héritage de Gandhi en 2009.

Ses pérégrinations l'ont poussé jusqu'à chez nous et il a décidé de nous consacrer l'ultime portrait de sa galerie.

Il explique pourquoi sur le blog d'Arte.

Voici le reportage:

vendredi 28 août 2009

Joue avec la mousson

En pleine mousson, le jeu favori des garçons de tous âges consiste à monter sur la terrasse et à jouer avec la pluie.


La dernière trouvaille est le jeu de la grenouille, une appellation d'origine incontrôlée.


jeudi 6 août 2009

A la rame

C'est l'été à Tara, les garçons prennent leurs quartiers à la campagne, tant que possible dans leur région d'origine : fastes du Bengale pour Suman et Suraj, sobriété et classicisme de l'Uttar Pradesh pour Jaan et Javed...

Nos envoyés spéciaux ont suivi Sidhu et Rakesh dans les rivières mouvementées de l'Uttaranchal pour un stage rafting.

L'affaire s'est vite transformée en opération survie.
Tout d'abord, il nous a fallu survivre à un interminable trajet de 8 heures dans les lacets des montagnes. 8 heures de supplice pour l'estomac avec, à la clé, un concours de vomi remporté haut la main par les garçons!

Ensuite, plantage de la tente et briefing par les moniteurs. Avec un leitmotiv: si vous tombez dans l'eau, ne paniquez pas. Ce qui a immédiatement eu pour effet de faire paniquer les garçons qui ne savent pas nager.
D'ailleurs, ils sont tombés à l'eau, ils ont copieusement paniqué le temps qu'on puisse les récupérer en catastrophe dans le raft. A ce moment-là, côté coloration faciale, ils tiraient franchement dans les bleus-verts.

La nuit, toutes sortes d'animaux plus ou moins sympathiques sont venu nous rejoindre sous la tente. On nous a conseillé de secouer le drap avant de nous coucher, et l'on s'est vite rendu vite compte que c'est un geste sage si l'on a un problème avec tout ce qui grouille.

Et puis on a commencé à s'habituer, on a même commencé à s'amuser franchement, on se plaisait à sauter sur les vagues en criant, à jouer au volley-ball à la tombée du soir, à danser et chanter autour du feu de camp, à compter les étoiles et à poser toutes sortes de questions passionnantes : "Qui vit à l'intérieur de la montagne?", "Que se passera-t-il pour l'humanité quand le soleil sera éteint?", "Est-ce que les Indiens comprendront mieux les extra-terrestres que les Français?" etc. etc.

Et puis, on s'est rendu compte que les vacances étaient déjà terminées, les garçons voulaient rester vivre dans la nature et se sont essayés à de rimbaldiennes envolées : "Monsieur, restons ici, la nature est bonne, elle s'occupera bien de nous". Insensible à la poésie, l'adulte a ordonné le retour à New Delhi.

dimanche 2 août 2009

Chaya devient Tara

Le 1er Août 2009, nous avons fêté le premier anniversaire de notre maison. Nous sommes désormais capable de voler de nos propres ailes et nous avons pour cela créé notre ONG, Onyva. Un nom exotique français qui suscite toutes sortes de questions au pays de Ganesh.

Tara (“étoile” en Hindi) est le nouveau nom de notre maison, il a été choisi par les enfants lors d'un brainstorming furieux. “Tara” a été préféré à “Nouméro Un” (avec une faute d'orthographe), “Jus de mangue” et “X-Men”, parmi d'autres propositions farfelues.

Nous tenons à remercier l'ONG Deepalaya pour son soutien lors de notre première année d'existence. Sans Deepalaya, nous n'aurions jamais eu l'audace de lancer un pareil projet.

Les aventures de Sidhu, Jaan, Javed, Suman, Suraj, Sunil, Rakesh, Afrez, Diljoo, Asif, Ramu, Shyamu, Rajesh, Kishan, Lokesh et Sameer continuent sur ces pages. L'adresse de notre blog est désormais www.tarafrance.org

dimanche 12 juillet 2009

Un jour pas commes les autres

Notre second film est sorti !



Not a Simple Day, court métrage de 16 minutes, a été réalisé par Thibault Tron, étudiant à Delhi qui a passé quatre mois comme volontaire chez nous. A tous les stades de la production, il a su guider les enfants tout en laissant libre cours à leur créativité débordante.

Quelques mois après leur premier succès, les enfants ont souhaité quitter l'univers sombre du drame réaliste pour une comédie fantastique. Enfin, fantastique, c'est à vous de juger...



samedi 6 juin 2009

Avant l'école

Pendant que nos grands font leur Tae Kwon Do, le reste des troupes vient de finir de briquer Chaya et se prépare pour aller à l'école. C'est l'heure d'empaqueter la "lunch box" pour le petit en-cas de 11h.

Asif explique la situation: la confiture qu'il est chargé de distribuer, le pain, la tiffin, une par cartable. En arrière plan, Devender le veilleur de nuit active tout le monde pour être à l'heure à l'école. L'enfant met toujours un temps infini à faire les choses, ce qui limite sensiblement sa productivité. Rajesh par exemple, aime à étaler langoureusement la confiture sur sa tartine.



Pendant ce temps-là, au rez-de-chaussée, ceux qui ne tartinent pas punchent. Il est 7h45 du matin, l'adulte peine à marcher droit et l'enfant est déjà en pleine possession de ses moyens physiques.



On note que Shyamu est soigneusement juché sur la pile de cartables, se tenant ostensiblement à distance de ce sac de frape qu'il traite par le mépris. Chacun son style et frapper dans un sac n'est pas un projet que Shyamu formule.

mardi 2 juin 2009

Volcans et Passé simple

Les Juniors prennent leur cours de géographie avec Liz. Au menu, les volcans :

(Désolé pour la mauvaise qualité du son, mais avec 40°, on est bien obligés faire marcher les ventilateurs)

Pendant ce temps, Rakesh apprend ses verbes réguliers au passé.
On bloque sur "to brush", qui avec son accent du Bihar reste "to bruss". On insiste, on insiste mais ce ne sera pas pour cette fois...


vendredi 29 mai 2009

Kiaï !

Chaque matin de 5h30 à 7h30, Suman, Jaan et Sidhu se rendent à leur cours de Tae Kwon Do.
Madame, Monsieur, pour représenter l'Inde qui se lève tôt, voici Sidhu en exercice et Jaan en plein kata :


En images, le Coup Mortel du Dragon Qui Tue (nous avons un petit doute sur l'appellation exacte), double coup de pied magistralement administré par Sidhu et Jaan, plus timidement par Suman dont c'était le tout premier cours...!


En tous cas, à raison de 15 heures d'entraînement par semaine, le service d'ordre de Chaya se met en place et gare à qui viendra nous chercher des noises.
"Ils sont mignons" disent nos visiteurs. S'ils savaient que Chaya est en fait un camp d'entraînement secret pour ninjas !

jeudi 28 mai 2009

L'enfant qui voulait être un oiseau

"Qu'est ce que tu veux faire comme métier plus tard ?" C'est la question qu'a posé aux garçons la photographe hollandaise Sofie Knijff. Chacune de leur réponse a donné lieu à un cliché.
Voici donc les Chaya Boys prenant la pose :

À gauche : Asif en Premier Ministre

À droite : Rakesh en Héros
À gauche : Javed en Informaticien

À droite : Sameer en Héros (juste après Rakesh, ça sent le copiage !)
À gauche : Ramu en Chanteur

À droite : Lokesh en Acteur
À gauche : Jaan en Travailleur Social

À droite : Kishan en... Oiseau ! "Tu es sûr Kishan ? Comme métier ?!". Oui, Oiseau comme métier.

Retrouvez une sélection des oeuvres de Sofie sur son site internet.

vendredi 22 mai 2009

À l’eau

Quand nos amis Marie et Thierry sont venus nous rendre visite de Belgique et nous ont proposé d’emmener nos grands à la piscine, nous avons sauté sur l’occasion.

(Suman et Jaan)

Une grande première pour Sidhu, Jaan, Suman, Suraj et Javed qui ont réalisé que le tout corps humain plongé dans une piscine a une sacrée tendance à flotter. « Moi je le savais » a crâné Sunil qui a fréquenté les rivières du Chhattisgarh dans son enfance. Puis il s’est livré à une énergique démonstration. Comment dire ? Zéro technique mais une bonne flottaison que la censure vidéo du personnel de la piscine nous interdit de partager avec vous.


Face à l’élément liquide, Sidhu perd de sa superbe et donne l’impression d’avoir une douzaine d’années… Il finira sur le bord, les mollets tétanisés. « Monsieur, c’est mieux d’être à Delhi, on est loin de la mer ».

mercredi 13 mai 2009

Magique, puisqu'on vous dit que c'est maaaagique !



Depuis des semaines, nos scientifiques en herbe multipliaient les questions pénétrantes : "Les arbres saignent-ils ?", "Combien y a-t-il de satellites dans l'espace ?", "Comment montent-ils dans le ciel ?"… Il était temps, grand temps, d’une visite aux Musée des Sciences de Delhi.



Une fois de plus, l’adulte a pris ses rêves pour des réalités. Car là-bas, il a été question de beaucoup de choses mais pas du tout de science.
Le cours sur l’évolution de l’homme a beaucoup moins intéressé que ce poster dans un coin qui montrait des singes rigolos. Les boules qui flottent en l’air, c’est de la magie. L’adulte a beau expliquer, la pression de l’air, la gravité, l’enfant ne s’en laisse pas compter. C’est magique et puis c’est tout !


C’est ici le moment d’un point stratégique : l’enfant, désormais au nombre de 16, sait qu’il est numériquement supérieur à l’adulte et en a lâchement profité pour transformer la sortie éducative en jeu vidéo géant. Avec quelques dinosaures effrayants jetés au beau milieu, ah oui ça c’est intéressant. D’ailleurs au moment où l’on se fait un peu trop peur, on se rappelle subitement que l’adulte est là et on s’accroche désespérément à sa main. Puis on reprend sa dignité quelques minutes plus tard en jurant qu’on n’a pas du tout eu peur.



Dans le fond... Pourquoi et comment les choses se produisent, c’est un questionnement un peu vertigineux. Mais le fait est que, si vous la regardez attentivement, la vie est MAGIQUE !