Blog de Tara, ONG pour les enfants des rues à Delhi, Inde.

jeudi 21 avril 2011

Football pour tout le monde

Profitant de la venue en Inde de Sport dans la Ville, association française d’insertion par le sport, nous avons mélangé nos deux groupes d’ados pour quelques activités sportives.

  Première matinée d’échange sur la terrasse, où les ados français ont expliqué aux ados indiens que l’école, ce n’est pas du tout intéressant. Stupéfaction chez les enfants de Tara : « Comment ça, en France tout le monde peut aller à l’école, en plus c’est gratuit et vous ne VOULEZ pas y aller ?!? ».
 
Puis nous avons furieusement joué au foot, lors d’un tournoi organisé par l’Ambassade au profit de Tara. Et là, d’un seul coup, les différences de culture se sont estompées et tout le monde a commencé à s’étreindre vigoureusement. Tandis que les petits, un peu amers d’être tenus à l’abri des ballons propulsés à vive allure, se sont déchaînés sur d’autres activités comme le château rebondissant.
  Nous avons fini par une classe de danse Bollywood, dispensée par les enfants de Tara aux ados français, qui se sont d'ailleurs très bien défendus !
Mais le récit de cette journée exceptionnelle serait incomplet sans la mention des quelques phrases impérissables produites par les enfants :
J’ai bien aimé que les enfants français soient très grands, ils sont venus spécialement pour nous et quand je les regardais jouer, j’avais l’impression de prendre un peu de leur puissance.” (Kishan)
C’était bien parce que les joueurs ont beaucoup couru et après ils étaient tout rouges. Mais c’était pas bien parce que nous les petits on n’a pas pu jouer et ça, c’est vraiment pas juste.” (Lokesh)
J’étais très touché que l’Ambassade organise un grand événement pour nous aider. C'est un moment qui nous permet d'augmenter notre confiance en nous, nous ne sommes pas comme les enfants qui vivent dans les ONG, nous sommes des enfants normaux.” (Javed)
Je me suis bien amusé à sauter sur le château gonflable. Mais je n’ai pas du tout aimé quand les grands sont venus sauter avec nous parce qu’ils sont très gros et ils auraient pu détruire le château.” (Shyamu)
Ce que j’ai bien aimé, c’est que j’étais responsable de coller un autocollant sur tous les gens qui rentraient.” (Ramu)
C’était très fantastique parce que nous avons dû parler anglais toute la journée, ça tombait très bien en période d’examens.” (Suraj)
J’ai vu des gens fumer à la soirée de clôture, j‘ai trouvé ça très mal.” (Diljoo)
Les gens ont le droit de fumer dans les soirées, vu qu’ils boivent aussi de l’alcool.” (Asif)
J’ai adoré vendre des canettes de soda l’après-midi, parce que beaucoup de gens sont venus me voir et me parler. Je me sentais un peu timide au début et surtout j’avais très peur que des clients partent en courant sans payer. Mais ça ne s’est pas produit et j’ai bien aimé me sentir responsable.
Le soir, j’ai gagné le premier prix à la loterie: un billet d’avion pour la France! Je vais enfin rencontrer ma marraine!
” (Afrez)


jeudi 14 avril 2011

La guerre de l’huile


Hair and Care, excellent produit quand il est appliqué avec modération.
(Avec quoi??)


Huile de moutarde, usage alimentaire uniquement. Sinon dégoûtant.
  Tara n’est pas toujours le pays joyeux des enfants heureux et des monstres gentils… Nous affrontons parfois des crises majeures, comme celle qui a secoué la maison en ce mois d’avril : la crise de l’huile capillaire.
Il faut savoir que depuis quelques temps, l’enfant avait tendance à vider chaque matin sur sa tête une bouteille entière d’huile capillaire puis à aller chercher de l’huile de moutarde dans la cuisine pour la deuxième couche… Les demandes de modération de l’adulte étant restées lettre morte, nous avons dû sévir et imposer cette mesure draconienne, drastique et dramatique :

Plus d’huile sur la tête.

C’est un ouragan qui a soufflé sur Tara. Comment ça plus d’huile ? « Mais Monsieur, vous ne vous rendez pas compte, c’est culturel en Inde, c’est notre patrimoine, on va nous trouver mal coiffés, nous renvoyer de l’école, nous jeter des pierres dans la rue, nos cheveux vont tomber… ».

Après 13 longues journées sans une goutte d’huile à ignorer les plaintes et airs mourants des enfants, nous avons remis en circulation une faible quantité d’oléagineux capillaires et autres produits pour le scalp, distribués avec parcimonie par le veilleur de nuit chaque matin après la douche et examen de l’hygiène de l’enfant. Et si jamais cette histoire vous fait rire, sachez que les enfants, eux, la prennent très au sérieux !